
Chenini, Douiret : les villages troglodytes du Dahar, et comment les visiter avec respect
Dans le Sud berbère, des villages creusés dans la falaise dominent des vallées de pierre. Ils sont habités, ou l'ont été hier. Ça change tout à la manière de les voir.
Le Dahar est la chaîne de collines qui court au sud de Tataouine. Ses habitants berbères y ont bâti, il y a des siècles, des villages défensifs à mi-falaise : des maisons creusées dans la roche, un grenier fortifié au sommet, une mosquée blanche qui se voit de loin. Chenini et Douiret sont les deux plus connus. Ils ne sont pas jumeaux.
Chenini, le vivant
Chenini est encore habité. Les maisons troglodytes s'étagent sous le ksar, la mosquée blanche est en service, et la légende des Sept Dormants — sept chrétiens persécutés endormis pendant des siècles, dont les tombes gigantesques se visitent près de la mosquée basse — fait partie de la vie du village. On monte à pied, on croise des habitants, on est chez eux.

Douiret, le silencieux
Douiret a été abandonné dans les années 1960 pour un village neuf construit en bas, avec l'eau courante. Le vieux Douiret est aujourd'hui un lieu de mémoire : rues vides, portes ouvertes sur des pièces creusées, une mosquée souterraine. Une association restaure quelques maisons et tient une auberge. Le silence y est la chose à écouter.
Visiter sans prendre
- Prenez un guide du village : c'est lui qui ouvre les portes, raconte, et c'est son revenu.
- Demandez avant de photographier une personne ; les maisons sont des maisons, pas des décors.
- L'eau est rare : ne gaspillez pas ce qu'on vous offre, et n'exigez pas ce qui n'existe pas.
- Venez d'octobre à avril ; l'été, la falaise est un four.
« Tunisian Age of Empire — Le Dahar », notre guide de trois jours, relie Chenini, Douiret, les ksour de Tataouine et un trek jusqu'à Zmerten, avec deux nuits chez l'habitant.