Thermes d'Antonin face au golfe de Tunis
Comprendre19 septembre 20266 min de lecture

Carthage en une journée : ce que les Thermes d'Antonin racontent vraiment

Carthage n'est pas un site, c'est une ville sous une ville. Pour la comprendre en un jour, il faut savoir dans quel ordre la lire — et devant quoi s'arrêter.

Il y a trois Carthage empilées sous les villas de la banlieue nord de Tunis : la punique, fondée par les Phéniciens de Tyr et rasée par Rome en 146 avant notre ère ; la romaine, rebâtie un siècle plus tard et devenue la troisième ville de l'Empire ; et la chrétienne puis byzantine, jusqu'à la conquête arabe. Le visiteur qui saute d'un site à l'autre sans cet ordre en tête voit des pierres. Celui qui le respecte voit une histoire.

Commencer par la colline

Byrsa d'abord. C'est la colline de la citadelle punique, aujourd'hui coiffée par l'ancienne cathédrale Saint-Louis et le musée. De là-haut, on comprend la géographie : le golfe, le cap, les ports en bas. Sur le flanc de la colline, un quartier punique du IIᵉ siècle avant notre ère a été dégagé : des maisons, des citernes, des rues étroites. C'est le seul endroit où l'on marche vraiment dans la Carthage d'avant Rome.

Galerie voûtée des Thermes d'Antonin
Galerie voûtée des Thermes d'Antonin

Le Tophet et les ports

En descendant vers la mer, le Tophet est un sanctuaire à ciel ouvert, dense de stèles votives. Les fouilles y ont trouvé des urnes contenant des restes d'enfants, et le débat sur leur sens — sacrifices ou sépultures de nouveau-nés — divise encore les historiens. On y va pour la gravité du lieu, pas pour trancher. À côté, les deux bassins des ports puniques ont gardé leur forme ; le circulaire abritait la flotte de guerre, l'îlot central son amirauté.

Les Thermes d'Antonin, enfin

Construits au IIᵉ siècle sous Antonin le Pieux, face à la mer, ce sont les plus grands thermes d'Afrique romaine. Ce qu'on voit aujourd'hui, ce sont surtout les sous-sols : les salles de service, les chaufferies, les fondations. Les colonnes qui subsistent donnent l'échelle de l'étage disparu, à plus de vingt mètres. C'est là que la Carthage romaine se lit le mieux : une ville qui avait les moyens de construire un palais pour se laver.

Pratique

  • Un billet unique couvre les principaux sites ; commencez tôt, la lumière et la chaleur comptent.
  • Le train TGM depuis Tunis dessert plusieurs arrêts « Carthage » : descendez à Carthage-Hannibal pour Byrsa.
  • Prévoyez de l'eau et un chapeau : les sites sont dispersés et peu ombragés.
  • Terminez par Sidi Bou Saïd, à deux arrêts : la lumière du soir y est faite pour ça.

Notre guide « Le Golfe des Civilisations » enchaîne Carthage, Sidi Bou Saïd, la Médina de Tunis et La Marsa en dix pages, avec les horaires, les liens GPS et les tables où déjeuner entre deux sites.

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